Le droit d’auteur au Burundi : sacrée galère!

Article : Le droit d’auteur au Burundi : sacrée galère!
10 juin 2016

Le droit d’auteur au Burundi : sacrée galère!

Les abus et les contrefaçons dominent sur le terrain numérique et les utilisateurs sont encore dans l’ignorance des mécanismes de droit d’auteurs. Cela nous pousse à raisonner autrement : vu l’état actuel, il importe de voir comment tous les intervenants dans le domaine jouent chacun leur partition dans la protection du droit d’auteur ici au Burundi.

1. Internet

Internet est un espace dit de liberté, supplémentaire à celui orthonormé ou classique, où les œuvres en ligne sont accessibles de partout dans le monde, notamment grâce à des logiciels de piratage gratuits ou non. Tout cela complique la tâche de contrôle et de protection des œuvres. Il est impératif pour tous ceux qui relèvent du domaine du droit d’auteur, surtout les artistes, de s’adapter aux exigences d’internet pour exercer dans ce milieu dit virtuel.

Je me suis beaucoup attaché aux soucis créés par le phénomène d’un site web en particulier : YOUTUBE. Voici l’exemple typique d’une violation fréquemment faite : un utilisateur prend un clip d’un artiste burundais sans autorisation, le publie sur sa chaîne YouTube et en tire profit. Sachez que YouTube rémunère par mois « celui qui a fait » une publication vidéo en fonction du nombre de vues de cette dernière. Alors la question est de savoir qui est l’auteur ? Sur ce, YouTube a mis en place un système de proclamation de paternité de l’œuvre en ligne en cas d’exploitation abusive d’un utilisateur au détriment du véritable auteur ou des ayant droits. Ce sont les « claim ». Il reviendra aux utilisateurs ayant reçu des « claims » de présenter de preuves attestant leur droit d’auteur sur l’œuvre, faute de quoi sa chaîne et tous ses contenus seront supprimés.

Le véritable auteur de l’œuvre, les ayant droits ou autres utilisateurs ayant reçu l’autorisation formelle n’auront pas de soucis pour présenter des preuves comme la voix, le visage, l’identité, la copie d’enregistrement auprès de l’organe de gestion collectif des droits d’auteur.

Il est cependant dommage que les œuvres des artistes burundais soient de jour en jour exploitées de cette manière, au détriment de ces derniers et parfois sous leurs yeux en raison soit de l’ignorance des mécanismes de fonctionnement de YouTube, soit du fait qu’ils utilisent peu Internet et sont par conséquent peu conscients des enjeux.

2. Progrès technologique

Un produit ou une œuvre acquis licitement et à des fins privées peut, sans consentement ou autorisation de l’auteur, finir par toucher un plus grand nombre de personnes, soit par transfert à l’aide des smartphones alors en abondance (via Bluetooth ou hyper envoi), soit par partage sur des applications mettant les gens en réseaux sociaux comme WhatsApp notamment, aujourd’hui en vogue. En d’autres termes, grâce au progrès technologique, il est possible que la contrefaçon soit faite par un seul individu mais que l’œuvre contrefaite soit l’objet de transferts ou partages et d’un vaste usage public en boucle sans que leurs auteurs en profitent à chaque fois.

C’est parfois complexe voire même impossible de contrôler ou protéger une œuvre dans un tel contexte. Les violations prennent l’allure d’un effet viral et ici au Burundi, il serait temps d’en finir avec cette mauvaise pratique.

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Commentaires

Dieulermesson PETIT FRERE
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En Haïti, il existe certes un Bureau haïtien du droit d'auteur (Bhda), mais la contrefaçon et tout ce qui marche avec continuent à avoir pignon sur rue...